En Norvège, un gratte-ciel de bois de 85m en circuit court, exemple à suivre en France.

Mis à jour : 10 déc. 2018

A Brumunddal se dresse la plus grande tour du monde entièrement en bois. Haute de 85 mètres, elle devrait être inaugurée en mars 2019. Une structure à part, tous les acteurs de la filière étant situés dans un rayon de moins de 20 kilomètres

Sur la berge du lac Mjosa, à 150 km au nord d’Oslo, la Norvège achève la construction d’une tour de 85m, soit la tour la plus haute du monde exclusivement en Bois : Du sol au plafond, de la base au sommet, tout est en bois : les balcons et les cages d’ascenseur, les façades et les planchers.


L’aire de « l’urbanisation durable » et responsable est en plein essor, on retrouve partout dans le monde des constructions en bois de plus en plus ambitieuses répondant aux préoccupations écologiques.


En France, pas moins d’une quinzaine de projets sont en préparation. A Paris, les promoteurs du projet Wood’Up (50 mètres) ont déposé leur demande de permis de construire cet été et commencé à commercialiser les 107 appartements cet automne. A Bordeaux, la tour Hypérion (57 mètres) a obtenu son permis de construire et le coup d’envoi des travaux est programmé pour le début de l’année 2019. A Strasbourg, le chantier de l’immeuble Sensations (38 mètres) a atteint, cet automne, son 11e et dernier étage…

Ce projet, financé par un milliardaire norvégien de 70 ans, Arthur Buchardt, natif de Brummendal, permet à la Norvège de garder une longueur d’avance dans la construction d’IGH en bois


La "tour de Mjøs", représente tout un symbole car elle se trouve dans une régions ou tous les acteurs du projet se trouvent dans un rayon de 20KMS. « Tous les matériaux viennent d’ici, c’est important : tout le monde sait que le bâtiment est ancré dans ce territoire. » Car la tour Mjosa est une championne du circuit court : de la pépinière à l’exploitation forestière, de la scierie à l’usine de poutres en lamellé-collé, tous les acteurs de cette filière ultramoderne sont situés dans un rayon de moins de 20 kilomètres.


C’est l’un des défis du décollage de la construction en bois en France : bâtir avec des arbres coupés et transformés dans la région, et non en Pologne, en Roumanie ou en Autriche, sous peine de voir les kilomètres en camion ruiner le bilan carbone du matériau – sans parler du soutien à l’économie locale. « Nous ne manquons pas de forêts, mais elles sont composées aux trois quarts de feuillus, alors que la construction a besoin de résineux, et les essences sont souvent mélangées, ce qui rend leur exploitation compliquée », constate Jean-Marie Ballu, président de l’Association française des eaux et forêts. Pire, les plantations de résineux ont chuté des deux tiers depuis la suppression du Fonds forestier national en 2000, préparant un déficit de bois dans les décennies à venir.


La filière doit se restructurer et s’industrialiser pour pouvoir concurrencer les prix et le savoir-faire de l’Europe de l’Est ou du Nord. Bien des scieries sont encore artisanales, incapables de fournir de gros volumes selon des normes strictes de dimension, de qualité, de séchage. « La compétitivité n’est pas encore toujours au rendez-vous, mais tout le monde est en train d’investir, assure l’industriel Frank Mathis, président de l’Association pour le développement d’immeubles à vivre en bois (Adivbois). Le temps que les projets émergent, la filière se sera mise en ordre de marche. »


Tous les matériaux viennent d’ici, c’est important : tout le monde sait que le bâtiment est ancré dans ce territoire.

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